Noël avec Pado Antoine : retour sur l’ouverture et la clôture d’un mois de folie !

Secteur de Maetan – Décembre 2018

Notre secteur compte huit églises et une vingtaine de présences chrétiennes : soit douze célébrations de Noël, douze « kermesses », sono, cadeaux, éclairage, élèves… à transporter dans des villages accessibles par des routes souvent en très mauvais état. Une excellente occasion pour moi de connaitre les villages plus en profondeur : les enjeux, les difficultés, les atouts sont très variables en fonction des lieux et le fait de me déplacer avec une petite armada de sœurs, catéchistes, élèves du centre, tous karens, m’a ouvert bien des portes. La bonne volonté ne suffit pas, ce qu’il me faut, c’est un gang… Voilà de quoi motiver la prière des visiteurs de ce site : un gang karen pour la mission. Car la moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux.

Plus concrètement, nous avons ouvert les festivités au village de Leikho, sous des trombes d’eau… vu l’état de la route, nos voitures pleines à craquer, pas de chaines pour les roues, j’ai eu quelques inquiétudes pour le retour. D’autant que tous les villageois sont retournés chez eux aux premières gouttes : sans mauvais jeu de mot, tout tombait à l’eau : les jeux avec les enfants, le spectacle des jeunes, la veillée, autant d’heures de préparation perdues en vain ! J’avais donc le moral a zéro lorsqu’une villageoise bien intentionnée me fait remarquer que l’an prochain elle ferait appel à un prêtre karen car les cadeaux n’étaient à la hauteur selon elle… Imaginez un volcan au bord de l’explosion, vous y êtes ? Eh bien le Seigneur donne les grâces nécessaires en temps voulu car j’ai grommelé quelque chose, grimacé un sourire et fui au plus vite. Efficace car la femme en question n’a pas eu l’ombre d’un doute sur ma bienveillance à son égard. Il faut dire que la sensibilité des villageois est extrême : il suffit d’une simple expression de mécontentement pour mettre certains dans tous leurs états et en entendre parler plusieurs mois après.

Quoi qu’il en soit tout s’est bien terminé, la pluie a cessé juste avant la messe et c’est les pieds dans la boue mais le reste au sec que nos jeunes ont animé une superbe veillée pour la plus grande joie des paroissiens. Le lendemain rebelote dans le magnifique village de Debusileikho où la communauté protestante est venue se joindre à nous pour la veillée. Et ainsi de suite jusqu’au last but not least Christmas : et cette fois on jouait à la maison. En réalité, Noël au centre de Maetan a été l’occasion de célébrer la Sainte Famille sous le patronage duquel la chapelle du centre a été placée. Au programme : messe, procession à la crèche, repas et veillée festive. Sont venus nous rejoindre les petits séminaristes de Maeramat et le centre de Ponouaypou, puis des familles karens descendues de la montagne pour l’occasion. Les élèves du centre se sont investis sans compter, menés par Kupopa et Kupomo qui ont décidément un charisme pour la fête… ils savent tout faire dans ce type d’occasion : décorer, préparer un spectacle, animer le show du début à la fin de la veillée, faire la cuisine pour cent personnes, enchainent sur une soirée karaoké quand tout le monde est parti et le lendemain lever 4h30 pour préparer le petit déjeuner spécial de l’Epiphanie : merci Seigneur pour les ouvriers qui répondent à l’appel ! Quant aux élèves j’avais déjà eu l’occasion de découvrir leurs talents d’acteurs et d’improvisateurs lors de veillées précédentes, mais je dois avouer qu’à la maison ils se sont senti pousser des ailes, encourages par les Filles de la Croix, sœur Marie Bernadette au chant, sœur Diane au spectacle et sœur Teresa qui a fait le bonheur de nos estomacs.

Persévérez plus que jamais dans vos prières pour le centre et la mission car je manque toujours cruellement d’ouvriers, mais l’Espérance ne nous abandonne pas, entre Ses Mains nous remettons nos vies, vive la joie (quand même) !

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