Comment fêtons-nous Noël dans la montagne ?

Tous les villages de la Mission – Décembre 2017

Ce soir, c’est Noël dans un village Karen au nord de la Thaïlande. Dans la forêt, isolés, ils ont aussi leur façon de célébrer Noel loin des fièvres commerciales et des illuminations impossibles car l’électricité n’est pas encore arrivée. Mais c’est quoi un Noël sans cadeau ?

Composer le menu du réveillon n’agitera personne. Tout simplement parce qu’il n’y aura pas de réveillon et qu’on ne passera pas la soirée chez soi. Ni dinde, ni truffe mais il y aura bien une bûche : dans la cheminée, pas dans l’assiette…

Au milieu de l’après-midi du 24, le village se regroupe sur une place, le plus souvent devant l’école. Des jeux propres à dérider les visages les plus durs rassemblent petits et grands. Tir à la corde, course en sacs, relais… lient les générations pour gagner des lots de pacotille. Chaque famille s’est cotisée et on cuisine en commun le diner qui suit. Il ne sera pas long et rien ne l’animera car la soirée sera longue.

La cloche sonne. On se rassemble devant l’église. Comme les bergers de Bethleem, on se rend à l’église comme ils allaient à la crèche. La célébration commence d’ailleurs en hissant une étoile illuminée en papier vitrail sur un long mat. L’étoile nous guide, bergers de cette nuit. D’ailleurs, dans les maisons on ne trouvera pas de crèche familiale mais une grande étoile scintillante accrochée au fait du toit.

La messe terminée, chacun viendra s’incliner devant le Jésus de la crèche en lui déposant un bâton d’encens. On est bien en Asie ! Et pas uniquement les chrétiens mais tous, bouddhistes, animistes, feront ce geste pour honorer la foi de l’autre.

Le spectacle qui arrive enfin est attendu. On y verra son petit qui gesticule plus qu’il ne danse, les anciens qui poussent la chanson traditionnelle, les adolescents se déhancher au son de musiques popsur la scène de bambou dressée pour l’occasion. Les rires et les applaudissements couvrent le bruit du générateur qui permet les décibels de cette soirée unique.

On n’ira pas se coucher de sitôt si les jeunes sont encore vaillants. Ils vont chanter de maison en maison. On débouche une bouteille d’alcool de riz à chaque fois et les participants titubent de plus en plus.

Le village s’endormira joyeux. La plus grande fête de l’année vient de se terminer.

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