Edito du Pado Antoine – Janvier 2019

Bonne et sainte année à chacun; que l’Esperance grandisse en vos cœurs pour qu’au-delà des ombres qui obscurcissent notre existence, nous puissions percevoir la lumière qui nous rejoint chaque jour. Mon vœu pour cette nouvelle année c’est  l’action de grâce et la gratitude filiale pour tous.

Une sœur française de passage au centre Joseph Quintard ne cessait de s’émerveiller sur tout : les élèves tellement serviables, les chants si beaux, les talents innombrables des karens… Cela m’a surpris un temps car moi-même, pris par les responsabilités, j’ai tendance à voir le verre encore à moitié vide. Il est vrai que les problèmes ne manquent pas dans la mission, ils semblent même se multiplier à mesure qu’on en résout. Et pourtant les motifs de joie abondent de la même façon : choisissons donc l’action de grâce comme boussole de notre année : action de grâce pour les jeunes du centre Joseph Quintard qui ont illuminé la vie des villageois au cours de célébrations de noël par leurs spectacles, les jeux, l’animation de la liturgie… action de grâce pour ces couples karen qui ne comptent pas leur temps pour la mission ; action de grâce pour ces jeunes adultes qui demandent le baptême. Ces derniers sont une belle source d’Esperance et un mystère pour moi; j’en ai rencontré plusieurs durant mes tournées de noël : pourquoi demandent-ils le baptême ? Je les connais à peine, ce n’est donc pas pour moi qu’ils le font. Ils n’ont rien à gagner matériellement car nous aidons les chrétiens et non chrétiens de la même façon. Ils sont le plus souvent issus des villages où la communauté chrétienne est la plus fragile : quelques familles qui se rassemblent le dimanche dans une maison pour prier comme ils le peuvent, parfois un catéchiste passe, le père quand il le peut : on est loin du sensationnel et des megachurch… La seule chose qu’ils perçoivent de notre foi est la liturgie que l’on célèbre dans les maisons, et les agapes chaleureuses qui suivent.

Humainement rien qui puisse pousser quelqu’un à abandonner la religion de sa famille ; et pourtant… Il se passe dans le cœur de ces catéchumènes quelque chose que nul ne peut expliquer et qui est source de joie et d’étonnement face à ce qui nous échappe : la grâce de Dieu agit dans les cœurs et la moisson est abondante malgré nos incapacités qui, en particulier ici, sont innombrables. Je vous laisse sur ces quelques notes d’espérance et retourne à mes décorations de noël/ Epiphanie que nous célèbrerons samedi en grande pompe avec les centres de Ponouaypou, Maeramat et de nombreux villageois descendus de la montagne pour l’occasion. Dieu vous bénisse, Hauts les cœurs !

Pado Antoine

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